
IA et juridique : bonne ou mauvaise idée pour vos litiges ?
De plus en plus de dirigeants utilisent l’intelligence artificielle pour obtenir des réponses rapides à leurs problématiques juridiques. Accessible, immédiate, rassurante en apparence… mais parfois trompeuse.
Peut-on réellement s’appuyer sur l’IA pour prendre des décisions juridiques ? À travers un cas concret, Agnès Bardel, avocat en droit des affaires à Dijon, éclaire les limites et les risques de cette pratique.
Un cas concret : quand la réponse trouvée en ligne induit en erreur
Un dirigeant du secteur du transport routier contacte Agnès Bardel après la rupture brutale d’une relation commerciale par son client industriel. La situation est claire : « le partenariat s’arrête dans un mois ».
Très vite, le dirigeant précise qu’il a déjà effectué ses recherches. Selon lui, la règle serait simple : un mois de préavis par année de collaboration. Après vingt ans de relation, il estime donc pouvoir prétendre à vingt mois de préavis, éventuellement plafonnés à dix-huit.
Le raisonnement semble structuré. Il est pourtant juridiquement incomplet.
Agnès Bardel lui explique que la durée du préavis ne repose pas sur une règle automatique, mais sur une analyse plus fine. Elle dépend notamment du secteur d’activité, de l’état de dépendance économique de la victime, de l’exclusivité de la relation commerciale établie, , des usages professionnels et des stipulations contractuelles. Surtout, dans ce cas précis, le contrat type du transport routier était susceptible de s’appliquer, ce qui modifie significativement l’analyse.
Le piège de l’IA : une réponse cohérente… à partir d’une erreur
Ce type de situation est de plus en plus fréquent. L’intelligence artificielle donne des réponses rapides, structurées, souvent convaincantes. Mais elle ne fait qu’exploiter les informations qui lui sont fournies.
Autrement dit, elle répond à la question posée, sans remettre en cause son point de départ (et le prompt).
Dans le cas évoqué, le dirigeant s’appuyait sur une base légale erronée. Son raisonnement initial était incomplet. L’IA a très probablement confirmé cette approche… en produisant une réponse logique, mais inadaptée à la réalité du dossier.
C’est toute la difficulté : une réponse juridiquement crédible ne peut être fondée sur un raisonnement faux.
L’IA juridique : un outil utile, mais encadré
L’intelligence artificielle n’est pas à écarter. Elle peut constituer un outil intéressant pour accéder à une première information ou mieux comprendre certaines notions.
Cependant, en pratique, les avocats ne travaillent pas avec des outils grand public de manière isolée. Ils s’appuient sur des bases de données juridiques fiables, des outils spécialisés, et surtout sur une méthode de raisonnement rigoureuse.
La véritable valeur ne réside pas uniquement dans l’accès à l’information. Elle réside dans la capacité à qualifier juridiquement une situation, à identifier la norme applicable et à construire une stratégie adaptée.
C’est précisément ce que l’IA ne peut pas garantir seule.
Pourquoi l’avocat reste indispensable
Dans ce dossier, la difficulté ne résidait pas dans la recherche d’une règle, mais dans son interprétation et son application.
Un avocat ne se limite pas à fournir une réponse. Il analyse une situation dans sa globalité, en tenant compte de son historique, du contexte économique, des enjeux humains et des objectifs du dirigeant.
Dans la pratique d’Agnès Bardel, cet accompagnement va plus loin. Il intègre la connaissance de l’entreprise, de son fonctionnement, de ses équilibres internes et de ses perspectives de développement. Il permet également de déterminer s’il est opportun d’agir, de négocier ou, au contraire, de temporiser.
Le droit devient alors un outil de décision, et non une simple réponse technique.
En conclusion : un outil puissant, mais une analyse et un esprit critique irremplaçables
L’intelligence artificielle transforme l’accès à l’information juridique. Mais elle ne remplace ni l’analyse, ni l’expérience, ni la stratégie.
Le risque, pour un dirigeant, n’est pas tant d’utiliser l’IA que de croire qu’une réponse suffit à sécuriser une décision.
En matière juridique, tout dépend du point de départ, du raisonnement et du contexte. C’est précisément sur ces éléments que repose la valeur de l’avocat.
À Dijon comme partout en France, Agnès Bardel, avocat en droit des affaires, accompagne les dirigeants pour sécuriser leurs décisions et leur permettre d’avancer avec une vision claire, fiable et adaptée à leur réalité.
Maître Agnès Bardel agnesbardel@agnesbardel.fr 07 49 29 24 86