
Contrat de franchise : ce que vous devez absolument comprendre avant de signer
La franchise attire par l’idée d’un modèle déjà éprouvé, d’une marque installée et d’un accompagnement présenté comme sécurisant. Pourtant, derrière cette apparente simplicité se cache un contrat juridiquement exigeant, fortement encadré et trop souvent minimisé au moment de la signature.
À travers son expérience, Agnès Bardel, avocat en droit des affaires à Dijon, accompagne les chefs d’entreprise et futurs franchisés afin de leur permettre de comprendre, pas à pas, ce que ce contrat implique réellement et les engagements concrets qu’il fait peser sur eux.
Le contrat de franchise : de quoi parle-t-on vraiment ?
Le contrat de franchise repose sur un mécanisme juridique précis. Il ne s’agit pas simplement d’exploiter un nom ou un logo, mais de bénéficier de la transmission d’un savoir-faire identifié, testé et reproductible, associée à l’utilisation d’une marque ou d’une enseigne, ainsi qu’à un accompagnement du franchiseur. Cet accompagnement prend notamment la forme de formations initiales, puis continues, destinées à garantir l’homogénéité et la cohérence du réseau.
En contrepartie, le franchisé verse des redevances et s’engage à respecter strictement les méthodes définis par le franchiseur. Il demeure juridiquement indépendant, mais son autonomie est fortement encadrée par le contrat. C’est précisément cette tension entre indépendance juridique et dépendance économique qui rend le contrat de franchise particulièrement sensible et source de nombreux contentieux.
Droits et obligations du franchiseur et du franchisé
Le franchiseur comme le franchisé sont soumis à des obligations réciproques. L’une des plus importantes, du côté du franchiseur, est l’obligation d’information précontractuelle. Avant toute signature du contrat de franchise, le franchiseur doit remettre au candidat franchisé un document d’information précontractuel, le DIP, afin de lui permettre de s’engager en toute connaissance de cause.
Dans la pratique, ce document est souvent volumineux. Il représente souvent plus d’une centaine de pages, entre le contrat et ses nombreuses annexes. Il s’agit d’un document technique, dense, qui contient des informations commerciales, juridiques, financières, stratégiques et comptables. Sans accompagnement, un entrepreneur peut rapidement se sentir dépassé, là où un avocat sait précisément où porter son attention et quelles informations vérifier.
Agnès Bardel a notamment accompagné une cliente particulièrement stressée, convaincue que l’émargement attestant de la remise du DIP l’engageait définitivement. Cette confusion est fréquente. En réalité, le DIP n’engage pas le franchisé (normalement). Il engage uniquement la responsabilité du franchiseur, qui doit fournir des informations exactes et fiables. Si le contenu du DIP est trompeur ou erroné, il est possible d’engager la responsabilité du franchiseur, voire de remettre en cause le contrat. Ce qui engage juridiquement le franchisé, c’est la signature du contrat de franchise, et non celle du DIP. Cette obligation est strictement encadrée par le Code de commerce.
Les points d’attention majeurs dans le contrat de franchise
- L’expérience montre que certains points du contrat de franchise doivent être analysés avec une attention particulière. La durée du contrat est déterminante. Un engagement trop long, assorti de conditions de renouvellement floues ou déséquilibrées, peut enfermer le franchisé dans une relation qu’il ne maîtrise plus.
- Les redevances constituent un autre point central. Il ne s’agit pas seulement d’en mesurer le montant, mais d’analyser précisément ce qui est prévu en contrepartie. Un franchisé doit savoir ce qu’il paye, pourquoi il paye, et surtout ce qu’il est concrètement en droit d’attendre du franchiseur. Le manque de précision est souvent révélateur de difficultés futures.
- Les conditions de sortie sont, dans la pratique, l’un des aspects les plus délicats du contrat de franchise. Sortir d’un réseau est souvent complexe, coûteux et juridiquement encadré de manière restrictive. Il est donc essentiel d’anticiper la possibilité d’une sortie anticipée, les modalités prévues et les conséquences financières associées.
- Enfin, la clause de non-concurrence mérite une vigilance particulière. Mal rédigée ou excessivement large, elle peut empêcher un ancien franchisé d’exercer son activité dans son propre secteur pendant une durée significative et sur une zone étendue. Il s’agit de l’une des clauses les plus sensibles du contrat et de celles qui doivent être négociées avec le plus de rigueur.
La franchise peut être un levier de développement puissant, à condition d’en mesurer pleinement les contraintes juridiques. Le contrat de franchise engage le chef d’entreprise sur le long terme et conditionne sa liberté d’action future. Mal anticipé, il peut devenir un frein durable au projet entrepreneurial.
C’est pourquoi Agnès Bardel défend une approche préventive du droit des affaires. L’avocat n’intervient pas seulement en cas de litige, mais accompagne le dirigeant dans ses décisions structurantes. En matière de franchise comme dans la gestion quotidienne de l’entreprise, se faire accompagner, c’est sécuriser son activité et préserver sa capacité à décider.
N’hésitez pas à lire nos deux derniers articles sur Pourquoi les TPE ont (vraiment) besoin d’un avocat et Pourquoi les PME ont besoin d’un avocat au quotidien.
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